Sélectionner une page

Composition

La toile est traversée par la fenêtre qui occupe presque toute la surface, comme chez certains Monet tardifs ou chez Bonnard. Les barreaux de fer forgé, peints en touches épaisses et nerveuses, ne sont pas dessinés avec précision : ce sont des traînées sombres, torsadées, presque calligraphiées, où le pinceau a laissé des accumulations de brun, de noir bleuté et de reflets rouillés orangés. On sent le métal vibrant sous la lumière qui le traverse par intermittence.

À travers ces barreaux, le paysage extérieur explose en mille touches colorées et disjointes :

En bas, le mur de béton gris est traité en touches larges et opaques de gris-bleu et de mauve froid ; il coupe brutalement la vue, mais sa surface est animée de reflets bleutés et verdâtres captés de l’extérieur.

Le ciel est un tourbillon de bleus mouvants, avec un unique nuage blanc crème qui semble palpiter (touches de blanc pur posées directement sur le bleu).

Le soleil bas, presque couchant, est suggéré par une boule jaune-orangé très diluée, entourée d’un halo rose et doré qui irradie jusque sur les coquelicots.

Le champ est une vibration folle de touches verticales et obliques : verts tendres, jaunes citron, ocres, et surtout des éclats de rouge vermillon et carmin pur pour les coquelicots – ces taches rouges semblent trembler, comme agitées par le vent.

À l’intérieur de la pièce (côté spectateur), tout est plus sombre, plus contenu, mais toujours traité en touches impressionnistes :

  • Les murs sont des gris-verts sales, des mauves éteints, des ombres bleutées, avec des traînées de pinceau visibles qui suggèrent l’humidité et le salpêtre.
  • Le rebord de la fenêtre est une bande de bleu-gris plus clair, tachée d’ocre et de reflets venant de l’extérieur.
  • Le visage de la femme (regard fixe vers l’extérieur) n’est pas dessiné précisément : il émerge des ombres par accumulation de touches de chair rosée, de gris-bleu dans les creux, de reflets bleus et jaunes venus de la fenêtre. Les cheveux sombres sont des masses de noir bleuté et de brun-violet traversées de reflets lumineux.

Effet global : Malgré l’oppression du sujet (barreaux, mur, enfermement), la toile vibre de lumière et de couleur. L’impressionnisme transforme la tristesse en une sorte de frémissement douloureux et beau : la lumière extérieure semble palpiter, lutter pour entrer, se briser sur les barreaux, tandis que l’intérieur reste dans une pénombre frémissante. On ressent à la fois l’étouffement et une étrange exaltation colorée – comme si la beauté du monde extérieur, même inaccessible, contaminait quand même la pièce par sa lumière fragmentée.

Esquisses

1 première esquisse au crayon

Puis Tableau sur petite toile cartonnée

Dans cette esquisse, la position de la tête du personnage ne convient pas. Dans la prochaine il faut

  • que la tête regarde la fenêtre et non pas le mur.
  • voir la lumière et les ombres
  • mettre quelques objets sur la table pour ne pas avoir cette sensation de vide